L'île Vierge à Plouguerneau

Édito

Découvrir l'histoire de l'île Vierge

L'histoire de l'île Vierge

Un patrimoine riche et préservé

L’île Vierge, riche d’une histoire millénaire, a été habitée depuis l’âge de bronze et abrite les vestiges des Cordeliers du 15ème siècle. Au 17ème siècle, Vauban y a installé des canons pour défendre la côte. Aux 19ème et 20ème siècles, l’île était fréquentée par les goémoniers. De 1845 à 2010, des gardiens ont veillé sur les phares avant l’automatisation. Aujourd’hui, l’île est un sanctuaire naturel préservé, avec une flore et une faune diversifiées protégées par le Conservatoire du Littoral.

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© Alexandre Lamoureux

Un ermitage pour

Les Cordeliers

Bien longtemps avant que l’on ait eu l’idée de construire des phares sur l’île Vierge, des habitants l’auraient peuplée dès l’âge du bronze, à l’époque où l’île était accessible à chaque marée basse. En effet, des tumuli vieux de 3500 ans parsèment le littoral.

Quelques millénaires plus tard, l’île est toujours habitée ou au moins fréquentée par les populations moyenâgeuses ; quelques pièces de monnaie de l’époque mérovingienne y ayant été retrouvées.

C’est en 1434 que quelques moines Cordeliers, les Frères Mineurs de l’Observance, décident de fonder un couvent sur l’île. C’était sans compter sur l’inhospitalité des terres, battues par les vents et les embruns. Pendant soixante-dix ans, les moines tentent de survivre, de se nourrir de leurs récoltes, mais décidément, rien ne pousse ici : l’île est résolument vierge de toute plantation. La voilà donc baptisée, notre île.

Les frères franciscains sont contraints de quitter l’île Vierge et baptiseront trois nouveaux couvents sur le continent, dont l’abbaye des Anges à l’Aber Wrac’h.

Défense côtière et ingénierie militaire

Les stratégies de fortification de Vauban sur l'île Vierge

Au 17ème siècle, Vauban fit installer au sud-est de l’île une batterie de canons pour contrer les Anglais et protéger le port dans le cadre de son plan de fortification. C’est d’ailleurs dans ce même plan qu’il ordonna la construction du Fort Cézon, dominant l’entrée du chenal menant au port de l’Aber Wrac’h.

L'île Vierge et ses phares
© Thibault Poriel
Goémoniers sur l'île Vierge
© OTPA

Une vie rythmée par la mer et la lumière

Les goémoniers sur l'île au 19ème et 20ème siècles

Tout au long du 19ème siècle et jusqu’à la moitié du 20ème siècle, l’île est fréquentée par les goémoniers-pêcheurs de mulets qui sèchent les algues sur les dunes et brûlent le tali (laminaire) dans des fours construits sur les dunes. Le travail des goémoniers était rythmé par la lumière des phares : leur éclat donnait le signal du début et de la fin du travail en s’éteignant au lever du jour et en s’allumant au coucher du soleil. Il fallait venir tôt sur la grève pour « retenir les places », car les meilleures places de varech, les plus fournies, appartenaient au premier occupant.

De la présence humaine à l'automatisation

Gardiens du phare à travers les siècles

Entre 1845 et 2010, plus de 75 gardiens de phare ont veillé sur ces terres. Généralement au nombre de 2 ou 3 selon l’époque, ces gardiens partageaient leur vie entre ciel et mer. Rarement solitaires dans leur tâche, ils étaient compagnons dans l’accomplissement de leur devoir. En 2010, l’automatisation a pris le relais, confiant la responsabilité du phare au service des Phares et Balises. Guy Cajean et JP Rocher, les derniers gardiens en poste, ont quitté l’île le 29 octobre 2010, marquant ainsi la fin d’une ère.

© Thibault Poriel
Goélands sur l'île Vierge
© OTPA

Une biodiversité florissante au cœur de l'île Vierge

L’île verte : un écrin de vie sauvage

Cette île de 6 hectares, protégée par le Conservatoire du Littoral, abrite une nature généreuse. Les lichens colorent le granit, tandis que les pelouses denses et rases résistent aux embruns et fleurissent aux beaux jours. Les oiseaux aiment également s’y réfugier pour nidifier. Le chant des goélands, des huîtriers pies au long bec rouge, et le ballet des fous de Bassan n’aura bientôt plus de secret pour vous !

À savoir : une partie de l’île est inaccessible de mi-février à fin juillet pour respecter la zone de nidification des oiseaux.

Comment venir ?

Port de l’Aber Wrac’h : Stationnement gratuit au port de plaisance.

Pointe du Castel Ac’h : Stationnement gratuit à proximité de la pointe du Castel Ac’h, ou à 300 m

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