Le Finistère nord, ses côtes… et ses phares !

Depuis toujours, les eaux entourant Brest et sa région sont le théâtre d’un flot incessant de navires. Bien sûr, cargos et plaisanciers ont pris la relève des explorateurs et des vaisseaux royaux. Mais la mer, elle, n’a pas changé. Lorsque la nuit tombe, les phares sont toujours indispensables aux marins qui souhaitent traverser le rail d’Ouessant ou franchir le goulet de Brest. S’ils sont aujourd’hui automatisés, ils sont une vingtaine à veiller sur les bateaux croisant au large de Brignogan-Plages, de l’île d’Ouessant ou de Camaret-sur-Mer.

Pourquoi tant de phares à la pointe du Finistère ? Tout simplement parce que nous sommes ici sur un passage emprunté par tous les bateaux reliant la mer du Nord à l’océan Atlantique. Regorgeant de pointes, d’îles et îlots, le littoral nord-finistérien dispose, de plus, de parfaits lieux d’implantation de ces témoins privilégiés de l’histoire maritime… À commencer par le phare de Pontusval, à Brignogan-Plages, qui fut mis en service en 1869 afin de mettre un terme aux nombreux naufrages survenant le long de la Côte des Légendes. Un peu plus à l’ouest, à Plouguerneau, se dresse l’une des « vedettes » des phares de la Manche : le phare de l’île Vierge, le plus élevé d’Europe (82,5 mètres et 365 marches), construit entre 1897 et 1902 à 1,5 km du continent.

 

Le phare de Saint-Mathieu a pris la relève des moines

 

Situé face aux îles de la mer d’Iroise, le phare de Trézien est quant à lui implanté sur la terre ferme de Plouarzel, à 500 mètres du rivage. Sa fonction ? Délimiter l’océan Atlantique et la Manche, et permettre aux navires de franchir le chenal du Four, grâce à sa portée de 40 kilomètres. Construit en 1835 dans une ancienne abbaye, le phare de Saint-Mathieu, à Plougonvelin, éclaire quant à lui à une distance de 44 kilomètres et fournit également aux bateaux la direction du chenal du Four, ainsi que celle du goulet de la rade de Brest. Il n’a, somme toute, fait que poursuivre la mission des moines de l’abbaye qui, dès le XIIIe siècle, allumaient chaque soir au même endroit un feu dans une tour afin de guider les marins.

 

Le phare de Créac’h, une portée de 55 kilomètres

 

Vous souhaitez entrer, de nuit, dans la rade de Brest ? Plusieurs phares vous montreront la voie. À commencer par la maison-phare du Toulinguet, bâtie en 1848 sur la pointe du même nom à Camaret-sur-Mer. De l’autre côté de la rade, le phare du Petit Minou et le phare du Portzic (le plus proche de Brest) sont alignés et signalent notamment la présence du plateau des Fillettes, l’une des roches immergées du goulet. Et bien sûr, les phares ne manquent pas sur les îles toutes proches. Sur Ouessant, ils sont deux : le phare de Créac’h, construit en 1863 et qui est, grâce à sa portée de près de 60 kilomètres, l’un des plus puissants du monde et le phare du Stiff, construit par Vauban à la fin du XVIIe siècle. Surveillant l’entrée de la Manche au nord ouest de l’île, ce dernier est l’un des plus anciens phare français. Le phare de Kéréon, situé sur le récif de Men Tensel entre Ouessant et Molène, fut quant à lui le dernier phare de pleine mer à être automatisé, en 2004. Il est aujourd’hui contrôlé depuis le phare de Créac’h.

 

Le saviez-vous ?

Six phares finistériens sont inscrits au titre des Monuments Historiques : le phare de Pontusval, le phare de Créac'h, le phare du Stiff, le phare de l'Île Vierge, le phare de Saint-Mathieu ainsi que le phare d'Eckmühl, situé à Penmarc'h dans le Sud Finistère.

Automatisation : la fin de l’isolement

Automatisation : la fin de l’isolement

La vie des gardiens de phares a toujours été difficile et synonyme d’isolement. Dès le XIXe siècle, des projets d’automatisation ont donc vu le jour. Gaz d’huile, pétrole ? Il s’agissait d’abord d’améliorer leur alimentation afin de limiter la tâche des gardiens. Mais c’est finalement à partir des années 1970 que les phares sont électrifiés - groupes électrogènes - panneaux solaires et éoliennes - et télécontrôlés depuis la terre ferme. Pourtant, de nombreux phares ont attendu les années 1990 pour se séparer de leur gardien. Au phare de Kéréon, cette « révolution » ne s’est produite qu’en 2004 !